Recette du far breton traditionnel : le vrai farz forn comme en Bretagne

Le far breton, c’est le dessert qui sent bon la Bretagne et les dimanches chez mamie. Une pâte simple à préparer avec de la farine, du lait entier, des oeufs et du sucre, des pruneaux moelleux, un four bien chaud, et c’est tout. Cette recette du far breton traditionnel est facile : 15 minutes de préparation, 45 minutes de cuisson, et un délicieux far aux pruneaux pour régaler 6 à 8 gourmands. Pas besoin d’être né à Quimper pour réussir cette recette : suivez les étapes, respectez le beurre demi-sel (on ne plaisante pas avec ça ici), et votre far breton aux pruneaux n’aura rien à envier à celui des boulangeries du Finistère.

Far breton traditionnel aux pruneaux, coupé en parts

Les ingrédients de la recette du far breton

La composition du far breton tient en une poignée d’ingrédients du placard : farine, lait, oeufs, sucre, beurre demi-sel et pruneaux. C’est toute la beauté de cette recette bretonne : pas de technique compliquée, pas de matériel de chef, juste de bons produits, un plat, un four, du sucre et des pruneaux.

Ingrédients Pour 6 parts Pour 8 parts Pour 10 parts
Farine de blé (T45 ou T55) 200 g 250 g 300 g
Lait entier 80 cl 1 L 1,2 L
Oeufs 3 4 5
Sucre 120 g 150 g 180 g
Sucre vanillé 1 sachet 1 sachet 2 sachets
Beurre demi-sel 40 g + un peu pour le plat 50 g + un peu pour le plat 60 g + un peu pour le plat
Pruneaux dénoyautés 200 g 250 g 300 g
Rhum ambré (ou lambig) 1 c. à soupe 2 c. à soupe 2 c. à soupe
Sel 1 pincée 1 pincée 1 pincée

À noter : Le lait entier n’est pas négociable pour un far breton moelleux. Avec du lait demi-écrémé, la texture devient plus sèche et moins fondante. Si vous n’avez que ça, ajoutez 10 cl de crème entière pour compenser.

La recette du far breton aux pruneaux pas à pas

Comptez 15 minutes de préparation et 45 à 50 minutes au four, soit à peine plus d’une heure entre l’envie de far breton et la première part. La pâte à far ressemble à une pâte à crêpes épaisse : si vous savez préparer l’une, vous savez préparer l’autre.

Far breton aux pruneaux maison, tout juste sorti du four

Étape 1 : faites tremper les pruneaux

Faites tremper les pruneaux dénoyautés 30 minutes dans un thé noir tiède, ou directement dans le rhum pour les plus gourmands. Ce trempage rend les pruneaux moelleux et parfumés, et c’est lui qui fait la différence entre un far correct et un far délicieux. Pressés ? Passez les pruneaux 2 minutes dans une casserole d’eau frémissante, égouttez, c’est réglé.

Étape 2 : préchauffez le four

Première chose à faire avant de préparer la recette : préchauffer le four. Réglez-le à 200 °C, chaleur traditionnelle de préférence. Beurrez généreusement un plat en terre ou un moule en métal avec du beurre demi-sel. Un plat bien beurré, c’est la garantie d’un far doré sur les côtés et facile à découper.

Étape 3 : mélangez les ingrédients secs

Dans un saladier, versez la farine, le sucre, le sucre vanillé et la pincée de sel. Mélangez, puis creusez un puits au centre, comme pour une pâte à crêpes.

Étape 4 : ajoutez les œufs puis versez le lait

Cassez les œufs entiers dans le puits et mélangez au fouet en partant du centre pour éviter les grumeaux. Versez ensuite le lait tiédi petit à petit, sans cesser de fouetter, jusqu’à obtenir une pâte lisse et fluide. Il ne reste qu’à ajouter le rhum et le beurre demi-sel fondu, puis à mélanger une dernière fois : la préparation est prête.

Étape 5 : garnissez le plat

Disposez les pruneaux égouttés dans le fond du plat beurré, puis versez doucement la pâte par-dessus. Les pruneaux vont remonter un peu pendant la cuisson, c’est normal, c’est même le charme de la recette du far breton aux pruneaux.

Étape 6 : laissez cuire

Enfournez 10 minutes à 200 °C, puis baissez la température à 180 °C et laissez cuire 35 à 40 minutes. Le far breton est cuit quand le dessus est bien doré, presque caramélisé, et que la lame d’un couteau plantée au centre ressort propre. Laissez tiédir une demi-heure avant de découper : la texture du far se raffermit en refroidissant. Il ne reste qu’à régaler tout le monde.

Réussir la cuisson du far breton

La cuisson fait toute la différence entre un far breton de concours et un flan triste. Trois points de vigilance pour éviter les ratés.

La température du four. Le démarrage à 200 °C saisit la pâte et donne cette belle croûte dorée. La suite à 180 °C laisse cuire le coeur du far en douceur, le temps que le sucre caramélise sur les côtés. Un four trop doux donne un far pâle et mou, un four trop fort brûle le dessus avant que le milieu ne prenne.

Le choix du plat. Le plat en terre cuite est le choix traditionnel en Bretagne : il diffuse la chaleur lentement et donne des bords caramélisés. Un moule en métal fonctionne très bien aussi. Évitez les moules trop hauts : un far breton se cuit sur 4 à 5 cm d’épaisseur maximum, sinon le centre reste liquide.

Le milieu qui ne cuit pas ? C’est le grand classique. Deux causes possibles : un plat trop petit (la préparation est trop épaisse) ou un four ouvert trop souvent. Prolongez la cuisson de 10 minutes en couvrant d’une feuille d’aluminium si le dessus brunit trop vite.

À noter : Ne démoulez pas votre far breton ! Contrairement au gâteau classique, le far se sert directement dans son plat de cuisson, tiède ou à température ambiante, découpé en carrés généreux. C’est comme ça que font les grands-mères bretonnes, et elles ont toujours raison.

Far aux pruneaux, far nature : les variantes de la recette

Le débat fait rage dans les familles bretonnes depuis des générations : recette du far breton aux pruneaux ou far nature ?

Le far breton aux pruneaux est la version la plus connue hors de Bretagne. Historiquement, les pruneaux arrivaient dans les ports bretons par le commerce avec Bordeaux, et ils avaient l’avantage de se conserver tout l’hiver. Un far aux pruneaux bien fait, c’est un fond de plat généreusement garni, jamais trois pruneaux perdus dans la pâte.

Le far breton nature, sans aucun fruit, est la version la plus ancienne, encore défendue avec ferveur dans une partie du Finistère. Même recette, sans pruneaux : la pâte prend alors toute la place, dense et fondante.

Les variantes gourmandes : raisins secs trempés dans le rhum, pommes en lamelles poêlées au beurre demi-sel, ou abricots secs. Les puristes froncent les sourcils, vos invités se resservent de ce dessert. À vous de choisir votre camp.

Les astuces de grand-mère pour un far breton moelleux

Quatre secrets faciles à appliquer, transmis de génération en génération et testés dans les cuisines de Bretagne.

  • Laissez reposer la pâte 30 minutes avant d’enfourner : la farine s’hydrate, le far gagne en moelleux
  • Faites tiédir le lait avant de le verser : la préparation sera plus homogène et la cuisson plus régulière
  • Roulez les pruneaux dans un voile de farine avant de les déposer dans le fond du plat : ils resteront mieux répartis
  • Ajoutez quelques copeaux de beurre demi-sel sur le dessus avant d’enfourner : c’est le secret de la croûte caramélisée

Un bouchon de rhum ambré parfume la pâte sans la dominer. En Bretagne, certains le remplacent par du lambig, l’eau-de-vie de cidre locale, ou par une eau de fleur d’oranger pour une version sans alcool. Cette recette s’adapte aussi très bien aux robots pâtissiers : tout mélanger, verser, cuire, il n’y a pas plus simple.

D’où vient le far breton ?

Le far breton s’appelle en réalité farz forn en breton : littéralement, le « far au four ». Le mot vient du latin far, qui désigne le blé, et la recette d’origine, attestée au 18e siècle, était une simple bouillie de froment cuite au four, salée, servie dans les fermes bretonnes. Le sucre, le lait et les pruneaux sont arrivés plus tard, quand le far est passé du statut de plat du quotidien à celui de dessert des grandes occasions. Son cousin salé existe toujours : le kig ha farz du Léon, où le far cuit dans un sac de toile au milieu du pot-au-feu. Deux recettes, une même fierté bretonne.

Nos réponses à vos questions sur la recette du far breton

Quelle est la différence entre le far breton et le clafoutis ?

La pâte. Le far breton contient plus de farine, ce qui lui donne une texture dense et ferme, à mi-chemin entre le flan et le gâteau. Le clafoutis, plus riche en oeufs et en lait, reste tremblotant. Et évidemment, le clafoutis limousin utilise des cerises quand le far breton défend ses pruneaux.

Combien de temps se conserve un far breton maison ?

Trois jours au réfrigérateur, couvert d’un film ou dans une boîte hermétique. Sortez-le une demi-heure avant de servir : le froid masque le goût du beurre. À température ambiante, ce dessert se garde 24 heures sous un torchon propre, comme chez mamie.

Peut-on congeler le far breton ?

Oui, découpé en parts, jusqu’à 2 mois. Décongelez une nuit au réfrigérateur puis repassez les parts 5 minutes au four à 150 °C pour retrouver la texture d’origine.

Avec quoi servir le far breton ?

Un café serré, un thé noir ou, pour jouer la carte bretonne jusqu’au bout, une bolée de cidre brut. En dessert après des galettes de sarrasin, c’est le menu breton parfait pour se régaler du début à la fin.

Peut-on préparer un far breton sans gluten ?

Oui, en remplaçant la farine de blé par un mélange riz + maïzena (moitié-moitié). La texture sera légèrement moins élastique mais le résultat reste délicieux. La farine de sarrasin pure, elle, donne un far trop dense : réservez-la aux galettes.

Peut-on préparer la pâte à far la veille ?

Absolument, et c’est même une bonne idée : une nuit de repos au frais rend le far encore plus moelleux. Mélangez la pâte, filmez le saladier, et le lendemain il ne reste qu’à verser sur les pruneaux et cuire.

Le far breton, c’est un état d’esprit

Vous voilà armé pour réussir la vraie recette du far breton traditionnel, ce dessert facile qui embaume la cuisine et disparaît en une soirée. Il ne vous reste qu’à enfiler le tablier, sortir le plat et faire honneur aux recettes de Bretagne. Et pour servir votre far dans les règles de l’art, accompagnez-le d’un bol breton personnalisé au prénom de chacun : chez Breizh Club, on imprime et on brode tout ça à Rennes, avec la même exigence que mamie pour son far aux pruneaux.


Vous aimez nos recettes bretonnes ?

Retrouvez aussi la recette du milkshake au caramel beurre salé. (spoiler : c’est très très bon ❤️)


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